bonne fête Rémi

Publié le par croliquette62

  Rémi
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Lors de sa venue à Reims Jean-Paul II nous a laissé ce message d'espérance : « C'est quand la nuit nous enveloppe que nous devons penser à l'aube qui poindra, que nous devons croire que l'Eglise chaque matin renaît par ses saints ». Remi fait assurément partie de ces figures d'exception qui ont répandu la lumière de l'Evangile au plus fort de la nuit. Bien sûr, il a joué un rôle décisif dans la conversion de Clovis au catholicisme. Mais il fut aussi un pasteur dont la foi, la charité et l'espérance ont été des « phares » pour ses contemporains. Ne laissons pas la lumière sous le boisseau, laissons-nous à notre tour éclairer par le témoignage de Saint Remi !

Remi, homme de foi
« Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde... »

Né vers 437 dans une riche famille gallo-romaine, Remi reçoit une solide éducation. Intelligent, remarqué pour son éloquence, il aime aussi la solitude et la prière, au point de songer à devenir ermite. Mais voilà que Bernardius, l'évêque de Reims, meurt. Tous les regards se tournent vers Remi. Malgré son âge (22 ans) et malgré ses réticences, le clergé et le peuple voient en lui le pasteur capable d'affronter les turbulences de son temps. Et quelles convulsions ! Sur fond de déliquescence de l’Empire romain, les Barbares se livrent à une lutte sans merci pour prendre le contrôle de la Gaule, répandant sur les terres chrétiennes des religions païennes et des hérésies, comme l’arianisme. Les tensions sont exacerbées en Belgique seconde, la province ecclésiastique sur laquelle s'exerçait la juridiction de Remi, qui attisait les convoitises de Syagrius et de Clovis.
Soissons, 486. Syagrius capitule face au roi des Francs saliens. Quelle attitude adopter à l'égard du souverain païen pour sauvegarder la foi catholique ? « Tu devras t'en rapporter à tes évêques et recourir toujours à leurs conseils. Car si tu t'entends bien avec eux, ta province ne pourra qu'en être consolidée » écrit Remi pour saluer l'avènement du nouveau roi. De fait, les chefs des royaumes barbares avaient tout intérêt à collaborer avec les évêques, placés en première ligne de la gestion temporelle de la cité après la déroute des cadres romains. Ce message était-il aussi inspiré par l'espoir d'amener à la conversion un prince païen ? Difficile à dire. Toujours est-il que Remi, soutenu par Clotilde, l'épouse catholique de Clovis, a joué un rôle déterminant dans son cheminement vers le baptême. Son érudition, alliée à ses dons de prédicateurs, ont fini par avoir raison des hésitations du roi qui fut baptisé, ainsi que 3000 hommes de son armée, à la cathédrale de Reims. Si le jour est connu (Noël), l'année l'est moins. Longtemps établi en 496, il semble que le baptême ait en réalité été célébré en 498 ou 499.
Evénement fondateur dans l'histoire de ce qui allait devenir la France, le baptême de Clovis est loin d'être le seul héritage de Saint Remi. De fait, c'est tout son peuple l'évêque de Reims conduira vers la foi. Tout au long de son épiscopat, il travaille sans relâche à détruire les idoles et l'hérésie de l'arianisme* dans toute la Gaule, soutenant la vie monastique, créant de nouvelles églises, réorganisant son diocèse. Un évêque d'exception donc, tant par le charisme et la sainteté qui se dégageaient de lui, que par la longévité de son épiscopat : Remi meurt un 13 janvier, en 532 ou 533, au terme de plus de 70 ans d'apostolat ! Pas étonnant qu'on l'ait surnommé « l'Apôtre des Francs » et qu'il soit devenu le saint protecteur de la ville et du diocèse de Reims ! Saint Remi est également le patron de la France, aux côtés de Saint Martin et Saint Denis, Sainte Jeanne d'Arc et Sainte Thérèse de Lisieux.
* du nom d'Arius, son promoteur, l'arianisme nie la nature divine du Christ.


Remi, homme de charité
« Ce que vous avez fait au plus petit d'entre mes frères... »

Homme de foi, Remi se distingue aussi par sa charité active. Son souci du prochain, des pauvres en particulier, transparaît dans la première lettre qu'il adresse à Clovis : « Ta bonté doit s'exercer de manière intrinsèque et honnête. Rends courage aux citoyens, relève les affligés, favorise les veuves, nourris les orphelins plutôt que les éclairer ; que tous t'aiment et te respectent. Que ton prétoire soit ouvert à tous afin que personne ne s'en retourne triste. Tu possèdes certaines richesses paternelles avec lesquelles tu libéreras les prisonniers et tu les délieras du joug de la servitude ».
Des paroles que Remi traduit en actes. Loin de se contenter de soulager ponctuellement des misères, il est l'un des pionniers d'une véritable politique d'assistance en Gaule. C'est ainsi qu'il fonde à Reims, devant les portes de la cathédrale, et à Laon, une matricule des pauvres, établissement charitable qui drainait les dons des fidèles et les redistribuait aux déshérités. Il créa aussi en beaucoup de lieux des hospices où pouvaient être accueillis les voyageurs, les sans-abri, les sans-domicile : les demandeurs d'asile et les sans-papiers de l'époque en somme ; mais aussi les malades, les handicapés, les estropiés de toute sorte. A côté de la cathédrale se trouvait ainsi le xenodochium, ancêtre de l'Hôtel-Dieu, restauré par Hincmar, géré pendant tout le Moyen-Age par les chanoines de la cathédrale.
Sa bonté guidait sa mission de pasteur au quotidien. Ainsi, à des confrères lui reprochant son indulgence à l'égard d'un prêtre indigne, Saint Remi répondit : « Nous sommes ministres de la miséricorde plus que de la colère ».


Signe du rayonnement de Saint Remi, une statue a été érigée en son honneur devant
la basilique Notre-Dame du Rosaire à Lourdes. Elle est située en bas de la rampe sud sur l'Esplanade du Rosaire.
Remi, homme d'espérance
« Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps »

C'est probablement le souvenir de cette bonté qui donna naissance à la légende d'un Remi thaumaturge : le saint évêque aurait rendu la vue à deux aveugles, conjuré d'un seul geste de la main un incendie allumé par les démons et qui menaçait d'embraser toute la ville de Reims, fait jaillir d'un tonneau vide du vin en abondance, reçu d'une colombe la Sainte Ampoule lors du baptême de Clovis, ressuscité une jeune fille morte, etc. Même sa naissance est auréolée de merveilleux : elle aurait été prédite à sa mère, Célinie, déjà âgée, par un ermite aveugle que le jeune enfant aurait ensuite guéri de sa cécité. Ces prodiges vont se perpétuer après sa mort, notamment en la basilique érigée en sa mémoire pour abriter ses reliques. Ces miracles ont-ils vraiment eu lieu ? Rien n'est moins sûr, répond ent les historiens. Ce qui est sûr en revanche, c'est que Remi fut un grand évêque et un grand saint ! Une sainteté obtenue non par ses propres mérites, mais par la confiance et l'espérance qu'il avait en la grâce de Dieu, ainsi qu'il l'écrit lui-même dans son testament : « la vertu divine, par la grâce du Saint-Esprit, a fait opérer par moi, pauvre pécheur, tant de miracles pour le salut des Francs ! ».
Homme de prière rayonnant de charité, intellectuel brillant et pasteur audacieux : toutes ces qualités devaient alimenter une profonde dévotion à l'égard du « bon Saint Remi » au cours des siècles.

Eléments de bibliographie
Textes anciens:
- Grégoire de Tours, dans son « Histoire des Francs » fait allusion à une « Vie de Saint Remi » sans doute écrite par un clerc de Reims peu après la mort de l'évêque.
- Hincmar (évêque de Reims 845-882) écrivit une « Vie de Saint Remi »
Textes récents:
- Patrick Demouy, "Petite vie de Saint Remi", Desclée de Brouwer, 1997
- Michel Rouche "Clovis", Fayard, 1996


Remi, modèle et guide pour notre temps

Quel sens revêt le culte de Saint Remi à l’aube du 21ème siècle : célébration du passé ? Nostalgie d’un « âge d’or » du christianisme ? Une attitude contestée par Jean Paul II lors de sa venue à Reims pour le quinzième centenaire du baptême de Clovis : « L’Eglise est toujours une église du temps présent. Elle ne regarde pas son héritage comme le symbole d’un passé révolu, mais comme une puissante inspiration pour avancer dans le pèlerinage de la foi sur des chemins toujours nouveaux ».
Puiser dans la vie de Saint Remi la force d’aimer, de croire et d’espérer dans un monde en mutation, c’est précisément l'objectif que poursuit Mgr Thierry Jordan à travers la démarche synodale initiée à l'automne 2005 pour définir de « nouvelles orientations missionnaires ». Une étape décisive de ce processus sera franchie lors des célébrations du millénaire de la basilique (voir la rubrique « démarche synodale »).


Témoignages:

La vie de Saint Remi continue de parler aux croyants du 21ème siècle...

Sandrine Caneri, revue Prier, décembre 1996 (extraits):
« Ma prière avec Remi est celle des petits et des humbles dont il se faisait toujours proche. Il ouvre en moi un coeur de miséricorde, lui qui accueillait avec le même amour l'homme pieux ou l'infidèle, le chercheur de Dieu comme l'hérétique ou le païen. Profondément spirituel, animé d'un zèle infatigable pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ, Remi m'invite à ne pas craindre les milieux les plus « loin », les plus déchristianisés (...) Comparée à la sienne, ma vie m'apparaît bien modeste... Cependant Remi, peu préoccupé de ses miracles, m'apprend à tout remettre en Christ : le bien pour révéler sa gloire, le mal pour accueillir son inlassable miséricorde et, en toute chose laisser l'Esprit Saint agir dans les coeurs ».

Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg, homélie de la solennité de Saint Remi prononcée à Reims le 5 octobre 2003 (extraits):
« D'où vient que nous résistons tellement, nous autres, à la perspective du miracle... ? D'où vient que, si nous croyons en Dieu, nous nous comportons de fait comme si nous lui interdisions en somme de réaliser peut-être, à bon escient selon son estimation à lui, des choses qui ne peuvent que nous étonner, nous : des « hauts-faits » comme dit la Bible, des « merveilles » comme le dit la Vierge Marie en son Cantique, des « miracles » ou des « oeuvres étonnantes » comme dit l'évangile, des « signes » comme dit Saint Jean ? La vérité, ne serait-ce pas que nous ne croyons pas vraiment ce que nous croyons pourtant... quand nous nous disons croyants en Dieu ? Nous ne croyons guère, à vrai dire, ce que crut la Vierge Marie qui, dès lors, put devenir « Mère de Dieu ». Nous avons une explication toute prête pour rabaisser, aplatir, dénoncer même, tout ce qui nous dépasse... même si cela ne nous empêche pas, le cas échéant, de mettre notre billet au tronc de Saint Antoine, ni de confier notre conduite automobile à Saint Christophe (...) Il me semble que l'exemple de Saint Remi nous invite à mieux situer dans notre vie, non pas sans doute le merveilleux (puisque la sécularisation et la modernité ont très largement « désenchanté le monde » comme on dit), non pas peut-être le miraculeux... encore que je ne vois pas ce qui nous autoriserait à interdire à Dieu de nous surprendre et de nous étonner quelquefois. Mais, disons au moins, le Mystère et, très concrètement, ce mystère insondable que « les hommes nomment Dieu » comme dit Saint Thomas d'Aquin, et que la foi chrétienne nous fait reconnaître comme une réalité à la fois toute de puissance et de sagesse, et toute de bienveillance et de bonté. Cette invitation à faire meilleure et juste place à Dieu est concrètement une invitation à croire en Lui, à Lui faire confiance ».

Céline Larousse
1007-2007: année du millénaire de la basilique Saint Remi de Reims | www.millenairesaintremi.fr : site officiel
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un peu d'histoire en ce jour de la Saint Rémi ...bonne fête  Rémi,  bisous.annickdu 62.

Publié dans histoire et légende

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